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Sherlock Holmes Stories (Music Blog)

Avant de rencontrer le Dr Watson, Sherlock Hol...

    Fermeture définitive du blog... Ce serait cool de la part de Skyrock de ne pas le supprimer à cause de son inactivité, merci ! (21/11/2016)

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Intrigue et chapitres de l'Orange de Noël 02/05/2014

Intrigue et chapitres de l'Orange de Noël
 
Fan-fiction - Roman court
Environ 12 700 mots 
Genres : Policier, Thriller, Suspens, Aventure
Terminé
Intrigue et chapitres de l'Orange de Noël
 
Noël. Cette fête chrétienne qui symbolise la naissance du Christ sur terre...
Noël. Ce moment de l'année synonyme de neige et de cadeaux...

Mais Noël, c'est aussi la période préférée des voleurs et autres criminels pour frapper un grand coup... Le docteur Watson va d'ailleurs en faire les frais, lui qui espérait changer les idées de son ami Sherlock Holmes. Prenez un local clos, ajoutez-y des suspects et saupoudrez le tout d'un bijou orange inestimable et vous avez un mystère parfait ! Pour corser l'affaire, l'Orange est enfermée dans un coffre muni d'un code et d'une clé unique qui sont tous les deux détenus par des personnes différentes... 

Chapitres

Chapitre I : L'entrée des acteurs
Chapitre II : L'Orange de Noël
Chapitre III : Sous bonne garde
Chapitre IV : The game is on
Chapitre V : Les suspects
Chapitre VI : Présumé coupable 
Chapitre VII : Un heureux dénouement

Un commentaire constructif sur chaque partie serait très apprécié !

Chapitre I : L'entrée des acteurs 02/05/2014

Chapitre I : L'entrée des acteurs

Chapitre I : L'entrée des acteurs
 
Posté à la fenêtre de notre appartement, j'assistais au plus mélancolique des spectacles. Lentement, inexorablement, de minuscules mais si nombreux flocons blancs tourbillonnaient dans l'air glacé de Baker Street. Le gris sinistre des trottoirs avait disparu sous cette blancheur cotonneuse et aveuglante. Pas même le pas pressé de quelques passants ne parvenait à la souiller, une couche nouvelle venant à chaque seconde s'ajouter aux anciennes.
 
Je me tournai alors vers le canapé de notre salon. Mais hélas ! Là aussi, la scène n'était pas des plus réjouissantes. Mon célèbre ami Sherlock Holmes, s'y trouvait ainsi allongé, profitant de l'agréable chaleur du feu qui dansait dans la cheminée. Cela faisait déjà près de trois heures qu'il n'avait pas bougé d'un muscle. J'avais connu nombre de 24 décembre plus joyeux que celui-ci. Et le mal qui rongeait Holmes était sans nul doute son pire ennemi : l'ennui. De temps en temps, un nuage de fumée s'élevait de sa pipe en terre, seul signe de vie que j'observais depuis cette fin d'après-midi. Mais je le connaissais suffisamment pour savoir que ce mois et demi d'inactivité le plongerait dans un tel état, malgré les fêtes de fin d'année. En prévision de quoi je lui avais réservé une surprise avant le réveillon de cette nuit. 
- Holmes, levez-vous ! Je vous propose une petite soirée qui va certainement vous divertir.
- Hmm ! se contenta de grogner le détective.
- Levez-vous, vous dis-je. Regagnez votre chambre et habillez-vous. Nous sortons.
- Watson, que diable manigancez-vous encore ?
- L'un de mes amis m'a parlé d'une pièce de théâtre qui est, paraît-il, formidable. Je suis persuadé que cela vous remettra d'aplomb.
- Une pièce de théâtre ? s'exclama Holmes, sceptique. Croyez-vous vraiment qu'une pièce de théâtre pourrait ? Ma foi, pourquoi pas après tout. Vous avez raison : il n'est pas bon de rester ainsi vautré durant toute une journée. J'ignore si cette pièce est aussi bonne que vous le dites, mais elle aura peut-être le mérite de me changer les idées.

Ainsi, Holmes finit par se lever et disparut dans sa chambre. Pour ma part, je regagnais la mienne, heureux d'avoir réalisé l'exploit de le persuader de sortir.
Une fois préparés, nous affrontâmes sans crainte l'invasion incessante de la neige qui venait nous recouvrir les épaules. Malgré ce temps qui n'incitait guère à la promenade, nous préférâmes nous passer de fiacre pour gagner à pied le Treville Theatre. Le vent froid qui nous battait le visage nous faisait du bien, nous faisant oublier la chaleur étouffante du 221b Baker Street.

Une demi-heure plus tard, nous arrivâmes enfin à destination. La foule qui était venue s'amasser dans le hall prouvait que la pièce, la « Maison Plummer », bénéficiait d'un succès assuré. Nous fîmes chemin à travers ces montagnes de hauts-de-forme et de chapeaux à plumes pour atteindre enfin la loge que je nous avais réservée.
En bas, dans le brouhaha ambiant, la salle se remplissait petit à petit, chacun étant désireux de trouver sa place. J'eus le plaisir de voir l'esquisse d'un sourire apparaître sur le visage de Holmes, tandis qu'il observait çà et là les nouveaux venus.
- Heureux de vous voir de meilleure humeur, lui lançai-je.
- Pour une fois, je dois admettre que vous avez eu raison de me forcer à vous suivre. Vous savez bien que je ne suis pas d'un caractère sociable, mais cela me fait tout de même du bien de voir tous ces visages heureux.
- Sûrement la magie de Noël.
- Il se pourrait que vous soyez dans le vrai, mon cher Watson.

Brusquement, nous nous retournâmes. La porte de notre loge venait de s'ouvrir et un homme au maintien guindé se tint alors devant nous. Lentement, l'homme nous dévisagea tour à tour avant de vaincre son appréhension en s'avançant vers nous.
- Veuillez excuser cette intrusion mais vous êtes bien Mr Sherlock Holmes, n'est-ce pas ?
- En effet, admit mon ami, prudent. Et vous êtes ?
- Stephen S. Gillette, directeur de ce théâtre.
- Enchanté, Mr Gillette, fit Holmes en hochant de la tête. Voici mon ami, le Dr Watson.
- Enchanté, monsieur. Mr Holmes, je me trouvais dans les couloirs et je vous ai reconnu lorsque vous avez gagné cette loge.
Le directeur présentait sur son visage tous les indices révélant une certaine angoisse. Holmes s'en aperçut lui aussi, mais préféra se taire afin de forcer Mr Gillette à expliquer le but de sa visite. Quelques secondes passèrent avant que Stephen S. Gillette vint rompre le silence.
Mr Holmes, pourriez-vous me suivre jusqu'à mon bureau, je vous prie ?
- Auriez-vous un problème, Mr Gillette ?
- Non pas, Mr Holmes. Rassurez-vous ! Seulement, je crains les oreilles indiscrètes. Et vous me rendriez un grand service en acceptant.
- Eh bien, vous nous accompagnons, dans ce cas.
- Ah ! Parfait ! Parfait !

Stephen S. Gillette poussa un léger soupir de soulagement. Lorsque nous quittâmes notre loge, les couloirs étaient quasiment déserts. Seuls quelques retardataires cherchaient encore leurs places. Nous descendîmes des escaliers, traversâmes quelques corridors jusqu'à atteindre une solide porte sur laquelle une plaque dorée indiquait le nom de notre guide.
Mais curieusement, un homme faisait les cent pas devant le bureau. La cinquantaine élégante, l'homme tourna vers nous un visage inquiet lorsqu'il nous entendit approcher. Il s'élança aussitôt vers nous.
- Ah ! Vous revoilà enfin, Stephen ! Vous êtes son ami, elle vous écoutera. Vous devez absolument la convaincre que...
- Allons, Brett ! Ne vous faites plus de soucis. J'ai trouvé l'homme de la situation.
- Comment ? Ce monsieur ?
- Je vous présente messieurs Holmes et Watson. Mr Holmes est un célèbre détective, et le plus brillant qui plus est. Si quelqu'un peut nous aider pour cette affaire, c'est bien lui.
L'homme dévisagea alors Holmes avec une joie non dissimulée et lui serra vivement les mains.
- Soyez le bienvenu, Mr Holmes ! Brett Williamson, pour vous servir. Je suis le mari de Brook Barrymore.
- La vedette féminine de la pièce, à en croire les affiches qui se trouvaient devant le théâtre, sourit Holmes.
- La grande Brook Barrymore, surenchérit Stephen S. Gillette, celle-là même qui vient d'achever une tournée où l'Europe entière l'a acclamée.
- Et qui a décidé de paraître ce soir de réveillon dans toute sa beauté, s'écria Brett Williamson, désespéré.
- Calmez-vous, Brett, je vous en prie. Savez-vous où se trouve Brook ? L'avez-vous fait chercher ?
- Oui, elle se trouve en ce moment dans votre bureau, et elle n'attend plus que nous.
- Dans ce cas, ne la faisons surtout pas attendre. Entrons, messieurs !
- Il ne faut jamais faire attendre une femme, rétorqua Holmes avec une légère pointe d'ironie.
- En particulier lorsqu'elle s'appelle Brook Barrymore ! ajouta Brett Williamson, très grave.










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Sherlock ne se repose jamais ! La preuve encore ici où il repart en croisade.
Un gros changement s'est produit comme vous l'auriez remarqué :
Des chapitres plus courts. En effet, cherchant à attirer plus de personnes,
je tente l'expérience de raccourcir drastiquement le texte.
Un deuxième point essentiel à vous faire part : l'intrigue.
Cette histoire était prévue spécialement pour Noël mais il en a été autrement.
Comme il n'y a pas eu (ou peu) de neige, un petit retour
dans le passé blanc de Londres vous fera le plus grand bien !
J'espère que vous n'aurez pas trop de mal à imaginer.
Dernière remarque, encore une petite expérience rien que pour vous.
(Bande de petits veinards)
Les chapitres n'ont volontairement pas de titres.
C'est désormais vous qui allez en proposer !
A vos plumes !

Chapitre II : L'Orange de Noël 27/05/2014

Chapitre II : L'Orange de Noël
 
Chapitre II : L'Orange de Noël
 
Le bureau de Stephen S. Gillette était tellement vaste et éclairé que l'on se serait cru en plein jour. La chaleur de la pièce, alimentée par une splendide cheminée de style élisabéthain, était enrichie par des couleurs agréables à l'½il qui donnaient une impression de confort et de bien-être. Deux personnes, un homme et une femme, patientaient là. Mais il était évident que l'une et l'autre ne devaient pas se connaître, ou du moins s'apprécier, au vu de la distance qui les séparait et qui n'incitait guère à la discussion. L'homme, l'air très sérieux et déterminé malgré sa corpulence plutôt chétive, se tenait assis contre un mur et ne se préoccupa guère de se lever en nous voyant entrer.

Ce qui ne fut pas le cas de l'autre personne. L'une des femmes les plus ravissantes qu'il m'avait été donné de voir dans ma vie, aux longs cheveux bruns et aux immenses yeux bleus qui devaient faire battre bien des c½urs, s'avança avec nervosité vers le directeur de théâtre. Je trouvais cependant curieux de la voir vêtue à la mode du début du siècle, avant de me rappeler que Mme Brook Barrymore était actrice et qu'elle allait monter sur scène d'une minute à l'autre.
- Pour l'amour du ciel, vous voilà enfin ! Je désespérais de ne pas vous voir. Brett, cet homme est odieux ! ajouta-t-elle en nous désignant l'homme resté assis.
- Calmez-vous, ma chère la rassura Williamson en lui prenant délicatement les mains. Tout va bien. Vous n'avez rien à craindre.
- Où étiez-vous donc passé, mon ami, pendant que je restais ici avec cet individu ? Encore une fois, vous vous êtes éclipsé ! Vous avez toujours eu horreur des conflits ! Quand je pense que c'est justement vous qui avez fait appel à lui...
- Qu'a-t-il donc fait ? fit Stephen S. Gillette, intrigué.
- Pour me donner un peu de réconfort en cette nuit de réveillon, je voulais jeter un dernier coup d'½il à l'Orange de Noël avant d'aller me montrer à mon public.

Brusquement, l'homme à tête de fouine qui se tenait contre le mur se leva et s'inclina légèrement, de façon très solennelle.
- Je suis désolé madame, mais votre mari et Mr Gillette m'ont donné des consignes : je ne dois ouvrir ce coffre qu'avec leur accord à tous deux. En outre, il est nécessaire pour cela de posséder une combinaison que je ne connais pas.
Mme Barrymore se campa dans une position très digne qui avait tout de la grande tragédienne.
- Mr Cushing ! Je tiens à vous signaler que ce collier est MA propriété et qu'en l'occurrence, il est tout de même de mon droit de pouvoir voir et toucher MON collier !
- Je suis désolé madame, répéta le dénommé Cushing, obtus. Mais les ordres sont les ordres. Il est de mon devoir de veiller à ce qu'ils soient respectés.
Brett Williamson jugea bon d'intervenir :
- Après tout, ma chérie, Mr Cushing a raison. Il n'agit que pour ton bien.
- Mais c'était justement pour mon bien que je voulais voir mon collier ! Au fait, Brett, qui sont ces messieurs ?

Elle fit peser sur Holmes et moi-même un regard plein de condescendance. C'était à croire qu'elle s'attendait à nous voir faire un mauvais coup d'un instant à l'autre.
- Ma chère Brook, répondit Stephen S. Gillette, voici Mr Sherlock Holmes, le célèbre détective privé. Et voici son associé, le Dr Watson.
- Mr Sherlock Holmes ? s'exclama joyeusement Mme Brook Barrymore, un large sourire s'élargissant sous son adorable petit nez. Quel honneur de rencontrer enfin un homme de votre importance ! Vous allez pouvoir arranger cette horrible situation !
Elle présenta sa main à mon ami qui, respectueux, y déposa un léger baiser.
- Quelle situation, madame ?
- Cet homme, précisément ! Je devrais plutôt dire : cet horrible bonhomme, qui a décidé d'être une barrière entre moi et mon bien le plus précieux.
- Mais !?

Bien que Mme Barrymore le tenait toujours par le bras, Holmes se tourna vers nous :
- Mr Gillette, pourais-je connaître le pourquoi de ma présence dans votre bureau ? J'avoue que pour le moment, je ne saisis pas très bien le service que je pourrais vous rendre.
- Ah oui ! Bien sûr. En réalité, l'affaire est très simple. Sachez qu'après la représentation de ce soir, toute la troupe va se rendre au Nimoy Club à un réveillon qui va réunir de grandes personnalités londoniennes.
- Brook a absolument tenu à se montrer dans toute sa gloire, continua Brett Williamson. Malgré toutes mes réticences, elle a alors tenu à y être parée du plus magnifique de ses colliers, dont la pierre principale est l'une des plus belles pierres précieuses de ce monde, l'Orange de Noël. L'Orange de Noël lui fut offerte par le prince De Almeida, un riche dignitaire de la ville espagnole de Granada. Ma femme fait une grave erreur à vouloir montrer cette pierre à la tentation de tous, mais elle est têtue et lorsqu'une idée lui traverse la tête, elle n'en démord pas. Comme nous n'aurons pas le temps de repasser chez nous, Brook a dû amener ici le collier en question. Celui-ci se trouve actuellement dans cette pièce, dans le coffre-fort que vous pouvez apercevoir là-bas dans ce coin. Entre temps, je me suis empressé d'en informer la Higgins & Cook, la société chargée d'assurer la pierre contre tous risques et en particulier le vol. La Higgins & Cook nous a alors dépêché l'un de ses meilleurs détectives pour protéger le joyau, en l'occurrence Mr Owen Cushing ici présent.

Un léger grognement sortit du policier privé en guise de salut tandis que Stephen S. Gillette reprenait le relais de la conversation :
- Lorsque je vous ai vu, Mr Holmes, gagner votre loge tout à l'heure, j'ai vu cela comme un signe et j'ai pensé que ce serait une bonne idée si vous veniez seconder Mr Cushing dans sa mission.
- Me seconder ? s'écria le petit homme, outré par une telle idée. Mais, monsieur, je n'ai absolument besoin d'aucune aide !
Brett Williamson ne se préoccupa pas de la protestation de l'individu à l'encontre de Stephen S. Gillette et proposa à Holmes de lui montrer le fameux bijou.
- Vous allez voir, Mr Holmes ! s'exclama Brook Barrymore. C'est une pure merveille !
- Le montrer tiqua Owen Cushing. Mais, vous êtes sûr ? Qui vous dit qu'il est réellement Sherlock Holmes et qu'il n'est pas un imposteur ?
- Mr Cushing ! Ne me prenez pas pour une idiote ! Je sais tout de même faire la différence entre un imposteur et un gentleman. Et Mr Holmes est assurément un gentleman ! Ouvrez ce coffre !

Owen Cushing tenta de raisonner à son tour Brett Williamson, mais celui-ci partagea l'avis de son épouse :
- Allons, Mr Cushing, vous n'avez rien à craindre. Mr Holmes est suffisamment connu pour nous permettre d'affirmer qu'il est bien l'illustre Sherlock Holmes.
- Soit, puisque vous insistez ! céda Cushing, vaincu et furieux de l'être. Mais je vous aurais prévenu !
Comme pour retarder au maximum l'instant de l'ouverture, le détective sortit avec beaucoup de précaution une clef à forme curieuse du gousset de son gilet. En compagnie de Stephen S. Gillette, il se dirigea vers l'imposant coffre-fort qui reposait dans un coin du bureau.
A l'abri des regards, Mr Gillette s'agenouilla à hauteur de porte et fit tourner le cadran afin d'aligner la bonne combinaison. L'opération faite, il s'écarta pour permettre à Owen Cushing de s'approcher à son tour. Le policier introduisit alors la clef dans la serrure et en donna plusieurs tours. Un lourd déclic métallique se fit entendre, Gillette fit pivoter la porte et Cushing engouffra ses mains à l'intérieur pour en ressortir un épais écrin de velours noir. Brook Barrymore se dirigea droit sur le détective d'assurances et lui arracha pratiquement le coffret des mains. Elle posa la boîte sur un guéridon, souleva le couvercle et se tourna alors vers nous.

Mille feux se mirent alors à scintiller devant nos yeux. Brook Barrymore avait levé à hauteur de cou un superbe chef-d'½uvre d'orfèvrerie. Couleurs et lumières dansaient dans l'air, nous transportant dans un monde magique et féerique. Mais toutes ces pierres se trouvaient presque éclipsées par une seule d'entre elles. Celle-ci tenait lieu de joyau principal, celui qui devait reposer sur le cou de Mme Brook Barrymore. J'avais rarement vu une pierre aussi magnifique. A première vue, il s'agissait d'un énorme saphir, le plus gros même qu'il m'avait été donné de voir dans ma vie. Mais au lieu d'avoir la teinte rouge habituelle pour un rubis, le bijou arborait une couleur orangée des plus envoûtantes.
Nous avions là l'une de ces pierres pour lesquelles les hommes étaient prêts à s'entre-tuer.
- Messieurs ! lança Brook Barrymore avec fierté. L'Orange de Noël !
L'actrice sursauta lorsqu'elle découvrit avec horreur que la porte du bureau venait brusquement de s'ouvrir en grand, permettant à deux nouveaux personnages, un couple apparemment, de pénétrer dans la pièce...







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On avance tranquillement dans l'affaire sans bien savoir pour quelle raison.
L'orange est bien ici un bijou et non un fruit !
Mais va-t-elle rester sagement au fond de son écrin à l'abri ?
Beaucoup de personnes joueraient à merveille le rôle de suspect.
De nouveau, votre participation est demandée.
Ce second chapitre n'attend plus qu'un nom (le premier aussi).
Merci d'avance pour vos commentaires et bonne lecture !

Chapitre III : Sous bonne garde 30/06/2014

Chapitre III : Sous bonne garde
Chapitre III : Sous bonne garde
 
L'homme et la femme s'arrêtèrent aussitôt, émerveillés par le spectacle qui s'offrait involontairement à eux.
- Mazette ! s'écria l'homme. Alors ça, c'est du bijou !
Les joues de Mme Barrymore rougirent aussitôt sous le coup de la surprise et de la colère.
- Voulez-vous bien fermer cette porte, imbécile ?! Vous voulez donc que tout le quartier sache ce qu'il se passe ici ?!
- Ah... Veuillez m'excuser, Brook ! Mais vous avouez que c'est plutôt tentant !
- Fermez donc cette porte !
- Quelle porte ?
- Celle de ce bureau, celle qui se trouve juste derrière vous !!
- Ah oui, soit ! Hé ! Hé ! se mit bêtement à rire le jeune homme, une main dans ses cheveux ondulés.

Tandis qu'il se pressait d'obéir, sa compagne, une ravissante jeune femme blonde habillée d'une magnifique robe verte du début du siècle, dans le même style que celle de Brook Barrymore, s'avança lentement vers nous et posa sur l'actrice un regard ambigu de sens. Un adorable sourire moqueur naquit sur son visage.
- Mais dis-moi, Brook, j'ignorais que tu détenais là une telle merveille !
- C'est parce que je voulais éviter que tes yeux ne viennent la souiller ma chère !
- Si tu veux ne pas la voir ternir, évite donc plutôt de la mettre autour de ton cou de mégère !
- Ce sont mes mains que je vais mettre autour du tien, maudite peste ! hurla Mme Barrymore en remettant le collier à son mari.
- Allons, mesdames ! s'écria Gillette. Allons, du calme ! 

Les deux femmes étaient littéralement prêtes à se jeter dessus. Leur regard se lançait des éclairs. Le directeur et le compagnon de la nouvelle venue se précipitèrent pour les retenir, afin d'éviter que le pire n'arrivât.
Ce fut l'occasion de découvrir qu'en fin de compte les deux jeunes gens qui nous avaient rejoints ne formaient pas un couple. Lorsque la femme en vert sentit sur son bras les mains de l'homme, elle s'écarta brusquement pour s'arracher de son emprise.
- Oh ! Vous, ne me touchez pas !
Mais lorsqu'elle s'éloigna de lui, un déchirement se fit entendre. Nous comprîmes tous que cela venait de sa robe. Robe sur laquelle avait malencontreusement marché l'homme en voulant attraper son bras.
- Mais ? Mais ? Ma robe ! Qu'avez-vous fait à ma robe ?!
- Je suis désolé, Lee ! fit l'homme, rouge de confusion. Je suis infiniment désolé !
- Je vais jouer dans une dizaine de minutes, et vous ne trouvez rien de mieux à faire que de déchirer ma robe ?!
- Ce n'est rien ! Ce n'est rien ! 
Il se pencha pour examiner de près le postérieur de la jeune femme en vert, n'hésitant pas pour cela à y mettre la main.
- Voyez, c'est là. Il y a rien de grave. C'est juste quelques coutures qui ont sauté. Notre couturière, Mme Cleese, vous réparera ça facilement en quelques secondes.
- Vous arrachez ma robe, et maintenant vous vous permettez de me tripoter ! Monsieur, vous êtes un mufle ! 

Entendant cette réflexion, le jeune homme se redressa aussitôt, rougissant davantage et levant les mains bien haut. Pendant ce temps, Stephen S. Gillette intervint pour calmer l'atmosphère :
- Allons, Lee ! Vous connaissez suffisamment notre ami pour savoir qu'il ne pensait pas à mal. Et comme il vient de vous le dire, votre robe n'a pas subi de grands dommages. Quelques secondes suffiront pour arranger ça.
- Mais il m'a tout de même pincé les fesses !
- Il voulait juste se rendre compte de l'ampleur des débats.
- Je l'espère pour lui, mais la prochaine fois, sachez que... Mais je vois là deux messieurs que je ne connais pas.
- Messieurs Sherlock Holmes et le Dr Watson ! Ils viennent pour...
- Oh, monsieur Sherlock Holmes ! coupa la dénommée Lee en direction de Mme Barrymore. Décidément, ma chère Brook, on ne se refuse rien pour protéger ton trésor !
- Exactement, ma chère Lee ! rétorqua Mme Barrymore avec le même sourire. Aucune précaution n'est inutile face à des personnes de ton genre !
- Hmm ! Tes insinuations, ma chère Brook, témoignent de ta bassesse. Mr Holmes, permettez-moi de me présenter : Lee Rathbone, aimable membre de la troupe qui jouera devant vos yeux ce soir et qui partage la vedette de cette chère Mme Barrymore.
- Enchanté madame.

Pendant ce temps, le jeune homme nous avait rejoint à son tour.
- Ainsi donc, vous êtes Sherlock Holmes, le célèbre détective ? Savez-vous que l'un de mes rêves les plus secrets serait de vous faire connaître grâce à ma plume ?
- Mais mon ami, le Dr Watson, s'y emploie déjà.
- Comment ? Ah oui, le Dr Watson, hé hé... bégaya de nouveau le curieux bonhomme, plus rouge de minute en minute. Bien sûr, bien sûr ! Hé hé ! Mais ce n'est pas que je voulais dire... Je parlais d'écrire vos aventures pour la scène, pour le théâtre ! Euh, le Dr Watson n'a jamais ? Non ? Dans ce cas, je serai ravi d'adapter vos aventures pour le théâtre.
- Veuillez l'excuser, Mr Holmes ! sourit Stephen S. Gillette. Il s'agit de monsieur Neville Caine, l'auteur de la pièce de ce soir. Un écrivain de génie, mais l'un des pires gaffeurs d'Angleterre.
- Oh ! Gaffeur est un bien grand mot. Disons juste que je...
- Que vous ne pouvez pas vous empêcher de détruire tout ce que vous touchez, compléta Lee Rathbone, railleuse.
- Quelques petits riens !
- Ce sont à cause de ces petits riens que les pompiers de service ne veulent plus vous voir dans les coulisses.
- Craintes injustifiées ! se défendit Neville Caine.
- Vous avez tout de même involontairement décroché l'une des cordes du décor et failli mettre le feu au rideau avec votre cigarette.
- Ah non, ce n'était pas le rideau ! Juste l'écharpe de Mme Barrymore !
- Quoi ?! s'écria Brook Barrymore. C'est pour ça que je ne la retrouvais pas ! Vous l'avez cachée pour ne pas que je m'aperçoive que vous l'aviez détruite !
- Euh... se raidit Caine, se rendant compte de sa nouvelle bourde. Euh, non ! Finalement, je crois bien que c'était le rideau ! Ah oui, c'est ça, hé hé, le rideau !

Face à tous ces discours, Owen Cushing montra quelques signes d'impatience :
- Dites ! Et si nous revenions à l'Orange de Noël ? Je ne voudrais pas jouer les rabat-joie, mais la compagnie d'assurances m'en a confié la responsabilité, alors je n'aime guère le savoir entre les mains de tout le monde.
- Soit, soit ! admit Brett Williamson. Je souhaitais juste que Mr Holmes puisse le voir de ses propres yeux.
Il joignit le geste à la parole en le remettant à mon ami. Celui-ci leva l'Orange de Noël à la lumière afin de mieux l'examiner. Cushing ne le quittait pas des yeux, empli de méfiance. Ses yeux se braquèrent aussitôt sur moi lorsque Holmes me remit à son tour le collier.
Il était réellement magnifique. C'en était à en avoir le souffle coupé. Je pouvais aisément comprendre que le policier d'assurances pût ainsi se montrer extrêmement nerveux de voir des étrangers tenir entre leurs mains une telle merveille. A la place d'Owen Cushing, j'aurais sûrement eu la même réaction.
Pendant que je l'examinais, Holmes m'avait tourné le dos afin de s'adresser à Brett Williamson, Stephen S. Gillette et Mme Brook Barrymore.
- En voyant ce sublime joyau, je comprends que vous puissiez être assez nerveux. Si j'ai bien compris, vous souhaitez que je reste avec Mr Cushing pendant toute la représentation pour veiller le coffre-fort ?
- C'est cela même. Deux paires d'yeux valent toujours mieux qu'une seule.
- Cependant...
- Cependant ?
- Mon ami Watson m'a invité ici afin d'assister à une pièce de théâtre et je ne tiens pas à me priver de ce plaisir. D'après ce que j'ai cru comprendre, aucun risque ne menace réellement l'Orange de Noël. Vous éprouvez juste de l'appréhension de le sortir hors de sa cachette habituelle.
- Vous... vous voulez dire que vous refusez ?
- Oui, car je crois que ma présence n'est pas nécessaire. Et Mr Cushing me fait l'effet d'être quelqu'un de compétent.
- Ravi de vous l'entendre dire Mr Holmes, ricana à voix basse le policier privé en me présentant l'écrin avec impatience.

Comprenant le désir d'Owen Cushing, je déposai le collier et la fameuse Orange de Noël là où il voulait me les voir mettre. Ce fut fait et Cushing remit le couvercle sur l'écrin tandis que Holmes s'était retourné vers nous. Il revint à mes côtés et observa attentivement le retour du précieux écrin noir dans le coffre-fort.
Stephen S. Gillette rabattit la porte métallique et Owen Cushing fit jouer la clef pour le fermer dans les règles, nous faisant réécouter le lourd bruit du verrouillage.
- Voilà qui est fait ! Mesdames, messieurs, vous ne le reverrez désormais qu'après la représentation !
- Bien, sourit Mlle Lee Rathbone. Eh bien puisque ici le spectacle est terminé, je vais regagner ma loge afin que notre costumière puisse réparer la maladresse de Neville. 
La ravissante blonde disparut sur ces paroles.
Pendant ce temps, Owen Cushing s'apprêtait à remettre la clef dans son gousset lorsque Brett Williamson l'interrompit d'un geste.
- Un instant, monsieur Cushing !
- Quoi donc ?
- Même si Mr Holmes refuse de vous aider à garder l'Orange de Noël, j'aimerais malgré tout lui demander un dernier service. Monsieur Holmes ?
- Je vous écoute.
- J'aimerais que vous gardiez sur vous la clef du coffre pendant toute la représentation. Lorsque celle-ci s'achèvera, vous reviendrez ici pour nous la rendre et ainsi, ma femme pourra se parer en vue de notre soirée de réveillon. 

Trouvant l'idée assez curieuse, Holmes ne put s'empêcher de hausser un sourcil.
- Ce service ne me semble pas insurmontable. Je ne vois donc aucune objection à accepter cette proposition.
- Vous plaisantez ?! s'emporta Owen Cushing. J'en vois une, moi, d'objection. Je n'ai pas confiance en ce gentleman et je considère que ma poche est le seul endroit où doit se trouver cette clef.
Stephen S. Gillette tenta de le raisonner :
- Mr Cushing, rassurez-vous. Ce n'est pas que vous n'avons pas confiance en vous, sinon vous ne seriez pas ici, mais nous tenons juste à mettre toutes les chances de notre côté pour éviter le vol de l'Orange de Noël. Ainsi, monsieur Holmes aura la clef, moi la combinaison et vous, vous resterez ici afin de veiller sur le coffre et son contenu. Après tout, même si Sherlock Holmes était un imposteur, vous seriez toujours de garde dans cette pièce.
- Hm ! consentit avec difficulté le policier privé. Soit, soit ! Faisons comme cela, si vous êtes sûr de lui... Mais je vous préviens monsieur Holmes : si vous osez vous pointer ici au cours de la représentation, je refuserais de vous donner l'accès au coffre pour n'importe quel prétexte. Suis-je clair ?!
- Très clair, rétorqua Holmes. Mais vous n'avez rien à craindre, je n'ai pas l'intention de manquer une seule seconde de cette pièce. 
Un peu plus rassuré, Cushing donna la clef à Holmes avant de regagner sa place. Puis nous nous séparâmes enfin. Nous regagnâmes notre loge tandis que nos interlocuteurs se dirigeaient vers les coulisses. La clochette qui recommandait aux spectateurs de gagner leur place se mit à retentir. Bientôt, le silence se posa dans la salle avant d'être rompu par les trois coups de brigadier.

Le rideau se leva. La pièce commença.
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On sait désormais que Brook n'a pas que des admirateurs...
Le décor est planté, tout paraît se dérouler sans accrocs.
Quelques rixes certes mais vite étouffées dans l'oeuf.
Le calme avant la tempête ?
Il faut trois personnes pour ouvrir le coffre :
la clé, la combinaison et le gardien...
Votre participation est bien entendu demandée.
Le troisième chapitre n'attend plus qu'un titre et il sera fini.
Merci d'avance pour vos commentaires et bonne lecture !