Mystères aux "Jardins du Kent"

Mystères aux "Jardins du Kent"

Mystères aux "Jardins du Kent"

Thursday, 2nd August 1868

Watson avait quitté Baker Street très tôt dans la matinée, appelé par le devoir du métier qu'il exerçait, c'est-à-dire la médecine. Je me prélassais devant le feu en fumant ma pipe lorsque John le postier vint m'apporter le courrier. « Télégramme pour vous Mr Holmes » dit-il. Je lui donnai un pourboire et il se retira. Le télégramme provenait de la région du Kent et disait :

Mr Holmes, vous qui êtes un fin limier, venez au plus vite au manoir du Kent, des choses étranges s'y déroulent. On veut faire fuir mes clients.
Pandhi Hampton, propriétaire du manoir.

« Enfin une occasion intéressante de mettre à nouveau mon talent au service des autres » me dis-je. Pendant toute l'après-midi, je me renseignai sur la région et autres en attendant le retour de mon ami. Huit heures sonna lorsqu'il eut fini sa tournée. Je le mis au courant de l'affaire et sans hésiter, il accepta ma proposition. Nous décidâmes de partir pour le manoir le lendemain.

Friday, 3rd August 1868

Cher monsieur Hampton, j'accepte de vous venir en aide. Sommes en route pour le manoir. Devrions arriver vers le début d'après-midi.
Sherlock Holmes et son ami le docteur Watson.

L'hôtel, « Les Jardins du Kent », était situé dans une superbe propriété en pleine campagne. Pourtant, les vacanciers avaient tous l'air très fatigués et à cran. En arrivant, une dispute avait éclaté entre deux d'entre eux pour une histoire de porte claquée un peu fort. Bizarre. Le propriétaire avait l'air sympathique mais soucieux. Je me demandais bien pourquoi. Il faudra que j'essaye d'en savoir plus...

Saturday, 4th August 1868

Mon ami et moi avons très mal dormi. Grincements, volets qui claquent - mais il n'y a pas de vent -, bruits de pas au-dessus de ma tête – mais au-dessus, c'est le grenier, inoccupé -, bruits de chaînes, cris,... Le grand récital du fantôme en chef ! Ce matin, Pandhi avait l'air encore plus mal qu'hier. Nous avons été lui parler. Il nous a expliqué que le cirque nocturne dure depuis une semaine. Chaque nuit, c'est pire. Les clients sont mécontents. Ai proposé de commencer mon enquête. Il m'a demandé la plus grande discrétion.

Sunday, 5th August 1868

Watson m'a rejoint au grenier pendant que j'avais commencé une petite inspection de l'endroit. Un succès ! Le premier indice se tenait devant moi, à mes pieds : une belle trace de pas, genre chaussure de marche, plutôt petit pied. « D'où peut bien provenir cette trace ? » me demanda Watson. Je lui répondis : « Sûrement pas de l'allée du parc, elle est trop verte et celle-ci est rougeâtre. Le seul endroit possible est le rivage du ruisseau au fond du parc et près de celui-ci se trouve une cabane si je ne me trompe pas ». Mon ami parut déconcerté. Je lui expliquai que le samedi j'avais effectué une petite promenade instructive dans le domaine. Nous redescendîmes et j'allai trouver Pandhi afin de consulter le registre des clients résidants au manoir. Lorsque je l'eu en main, Watson me posa à nouveau une question : « A quoi cela sert-il Holmes ? » « J'aime savoir précisément à qui j'ai affaire » lui répondis-je. En le consultant, je déduisis que certains vacanciers étaient arrivés récemment. Ils n'étaient donc pas suspects.

Registre :

Nom Pays d'origine Date de naissance Date d'arrivée N° de chambre

Meunier Françoise France 08/03/1830 15 juillet 4
Meunier Maxime France 16-09-1855 15 juillet 5
Meunier Thomas France 16-09-1855 15 juillet 5
Hilton Peter Angleterre 22.06.1838 2 juillet 8
Stone Lady Angleterre 14-04-1800 22 juillet 6
Stone Colonel Angleterre 01-02-1794 22 juillet 6
Bugera Maria Mexique 13.05.1833 27 juillet 7
Bugera Salvatore Mexique 20.12.21 27 juillet 7
Carpaccio Paolo Italie 09-08-1847 26 juillet 3
Dr Carpaccio Luigi Italie 26.09.1818 26 juillet 2
Hilary Josepha Angleterre 25.01.1790 1er août 9
Hampton Terry Angleterre 29/10/1845 2 août 1
Watson John Angleterre 03-01-1821 3 août 10
Holmes Sherlock Angleterre 18.11.1818 3 août 10

C'était le cas de Josepha Hilary et de Terry Hampton vu que les bruits nocturnes avaient commencé il y a une semaine. Je remis le registre à Pandhi en lui demandant des informations sur les vacanciers. Il me les donna volontiers :
- Les Stone sont un couple à la retraite.
- Hilary Josepha est une gentille grand-mère.
- Hilton Peter est très discret.
- Les jumeaux Meunier sont toujours prêts à faire une bêtise. Je plains leur mère.
- Les Bugera sont inséparables. Ils ne se quittent jamais.
- Les Carpaccio : le père est médecin et le fils est étudiant en architecture.
- Hampton Terry est le neveu de Pandhi.

Monday, 6th August 1868

Les mystères continuent. Pas de chambard cette nuit, mais plusieurs vols ont été commis :
- La montre de Luigi Carpaccio.
- Une bague et un bracelet chez Mrs Hilary.
- Le collier de perles de Mme Bugera.
- Un diadème indien chez Pandhi.

Rien que des bijoux de valeur. Nous avons interrogé les victimes. Elles n'ont rien entendu : Mrs Hilary est un peu dure d'oreille, comme toutes les personnes de son âge. Luigi Carpaccio dort avec des boules Quiès. Le bijou de Pandhi n'était pas dans sa chambre mais dans son bureau. Mme Bugera avait oublié son collier à la salle de bains. Très étrange car la salle de bains est plus fréquentée qu'un hall de gare ! Je suggère donc qu'elle l'a oublié volontairement mais pourquoi ?

Tuesday, 7th August 1868

J'ai reçu une lettre anonyme ce matin :

Tout cela n'est qu'une farce mais il fallait que cela se fasse.
La grande horloge vous fouillerez et les bijoux vous retrouverez.
Sauf celui du vilain Pandhi mais c'est normal qu'il soit puni.
Et s'il ne vous dit pas pourquoi, vous n'en saurez pas plus que moi.

Nous avons bien retrouvé, mon ami et moi, les bijoux dans l'horloge, sauf le diadème indien. Je conclus que Pandhi est au c½ur de l'affaire. Il faut absolument que j'en apprenne plus sur lui et sur l'histoire de l'hôtel. Le colonel Stone m'a parlé d'un livre écrit par le père de Pandhi, qui raconte l'histoire de la maison depuis sa construction. J'irai le chercher demain dans la bibliothèque du salon.

Wednesday, 8th August 1868

Un meurtre a eu lieu cette nuit de main de maître ! Le meurtrier s'y est pris de manière propre et sans bavures. La victime n'a pas souffert car elle a été poignardée en plein sommeil et aucune trace de lutte n'a été trouvée. Je ne pense pas que l'arme du crime puisse m'aider à identifier le coupable. Chose plus incroyable encore, la victime n'est autre que le neveu de la principale personne visée dans cette affaire : Pandhi Hampton. Lady Hilary a quitté l'hôtel car elle était très choquée qu'on ait pu entrer dans sa chambre pendant son sommeil et de la tournure des incidents déroulés durant la semaine. Le colonel menace de la suivre avec sa femme. Il s'est énervé sur Pandhi ce midi : « Je vous rappelle que mon épouse est ici en convalescence ! Qu'attendez-vous pour appeler la police ? Que nous nous soyons tous fait agresser ? » Entendant cela, j'ai décidé de révéler à tous que j'étais le célèbre détective. Ça les calmera un peu mais je me suis brûlé en dévoilant mon identité. Le meurtrier va se méfier maintenant.
De plus, le livre dont m'a parlé le colonel a disparu. Le coupable est passé avant moi. J'ai demandé des renseignements sur Pandhi à Scotland Yard. Il faut tirer cela au clair rapidement.

Thursday, 9th August 1868

J'ai demandé à Pandhi pour visiter quelques chambres de l'hôtel afin de recueillir des indices. Il a accepté et m'a donné les clefs. Surprise ! Dans la chambre n°3, celle de Paolo Carpaccio, j'ai découvert le fameux livre sur l'histoire du manoir. Il faudra tirer cela au clair. Dans la n°5 et la n°6 rien ne semblait anormal. Par contre dans la n°7, celle des époux Bugera, il y avait deux paires de bottines : une sale et une propre. Etrange puisque Pandhi m'avait affirmé avec certitude qu'ils ne se quittaient jamais. Un indice de plus à garder précieusement. Il servira peut-être à confondre le coupable. Cet après-midi se déroulait l'enterrement du neveu de Pandhi mais personne ne put y aller car la police, qui était venue constater le meurtre, avait interdit à quiconque de quitter l'hôtel. Pauvre Pandhi, il était au bord des larmes. Il fallait que je résolve cette affaire le plus vite que possible.

Friday, 10th August 1868

Watson et moi-même avons reçu les renseignements de Scotland Yard. Les voici :
Hampton Pandhi, né à Bombay en Inde le 4 mai 1820. Fils adoptif du Major Elliot Hampton et de Lady Rose.

Ainsi que ce vieil article de presse de la région du Kent :

Echos du Kent
Du 26 septembre 1847
Le Major Hampton est décédé hier. Selon ses dernières volontés, son immense fortune revient à son fils adoptif. C'est évidemment une cruelle déception pour Anna de Bakerville, la fille de feu Lady Rose. Pandhi Hampton a déclaré qu'il utiliserait l'argent de son père pour améliorer les conditions de vie des enfants en Inde. Il conservera uniquement le manoir de famille, situé dans le Kent.

La stupéfaction se lisait sur nos visages. Ainsi, Pandhi avait hérité d'une grande fortune et il n'avait gardé que le manoir. De plus, il n'était pas d'origine anglaise. « Dites moi Holmes, les incidents ont-ils un lien avec cette affaire ? » me demanda mon ami. Je ne pu retenir ma joie en entendant cette question : « Watson, vous êtes merveilleux. Voila le mobile du crime et les incidents perpétrés sur la personne de Pandhi Hampton. L'héritage ! Ce sont sûrement les héritiers d'Anna qui sont la cause de tout cela ! » « Les avez-vous démasqués ? » me questionna une voix derrière moi. C'était Peter Hilton, le client discret et taciturne. Il paraissait inquiet en ayant entendu ma dernière phrase. « Non, pas encore » lui répondis-je. Il quitta la pièce aussi mystérieusement qu'il était venu. « L'affaire se corse Watson. Mon suspect n°2 est au courant de l'avancement de mon enquête. » « Qui donc est le n°1 ? » interrogea mon ami. « Ahaa, celui-là, je suis déjà sûr de sa culpabilité mais vous n'en saurai pas plus. » Ce soir-là, une ambiance plus détendue nous attendait. Nous avons fêté tous ensemble les 21 ans de Paolo. En retard certes car les incidents avaient remis cette fête à plus tard. La soirée fut bien arrosée et nous avons terminé par une belote au salon avec Peter, Pandhi, le colonel Stone et mon ami. Vers minuit et demi, Mme Bugera a interrompu notre jeu car elle avait entendu du bruit dans le parc. Je suis parti voir avec son mari, le colonel et Watson, mais nous n'avons rien vu. A notre retour au salon, Pandhi s'était endormi dans un fauteuil. Je l'ai porté au lit avec Peter, puis nous sommes tous allés nous coucher.

Saturday, 11th August 1868

Sommes réveillés par les cris de Mme Meunier à 4 heures. Le feu avait pris dans la chambre de Pandhi. Nous l'avons sorti de là, Watson et moi. Luigi Carpaccio, le père de Paolo, n'avait rien entendu, comme d'habitude. Lady Stone a eu un malaise et Mme Bugera avait l'air terrorisée. Peter nous a rejoint un long moment après l'incendie, toujours aussi calme et discret. J'ai mené ma petite enquête durant tout l'après-midi. Les pensionnaires semblaient tous être sous le choc du drame. Certains ne l'étaient que pour ne pas se trahir, j'en suis sûr ! Devrai attendre le lendemain pour explorer la chambre de Pandhi.

Sunday, 12th August 1868

Le colonel et Lady Stone sont partis ce matin. J'ai retrouvé des restes de chiffons imbibés d'essence dans la garde-robe de Pandhi. Mon ami et moi-même allons interroger certaines personnes. Je voudrais savoir :

- Où les jumeaux sont allés se promener ces derniers jours.
- Ce que fait Paolo comme études.
- Où Mme Bugera a appris l'anglais.
- Comment s'appelle la mère de Peter Hilton.

Déposition de Maxime Meunier

Thomas et moi on aime bien se balader. Notre endroit préféré c'est le petit ruisseau, tout au fond du parc. On fait des barrages, c'est génial. Mais maman se fâche souvent parce qu'on se salit. C'est vrai que près du ruisseau la terre est très rouge, pas du tout comme dans les allées du parc.

Déposition de Thomas Meunier

Près du ruisseau, y a une drôle de cabane. L'autre jour, on a voulu y entrer, mais c'était fermé à clef. Puis Mme Bugera est arrivée et elle nous a dit de ne plus venir là, que c'était dangereux parce que la cabane était vieille et qu'elle risquait de s'écrouler sur nous. Elle parle drôlement bien l'anglais pour une mexicaine ! Elle a même pas d'accent ! Heureusement que maman a donné l'alerte, pour l'incendie. Elle se levait pour aller aux toilettes et elle a senti une odeur de fumée. Mais je ne comprends pas pourquoi c'est pas Peter qui l'a fait, il était dans le couloir, devant la porte de la chambre 6 quand maman est sortie de sa chambre.

Déposition de Paolo Carpaccio

J'adore cet endroit. Malheureusement, je n'ai pas beaucoup le temps de me promener. Je rédige un travail dans le cadre de mes études d'architecture. Il s'agit de présenter l'évolution d'un bâtiment tout au long de son histoire. Grâce à Pandhi, je suis bien documenté. Son père avait écrit un livre très intéressant sur le sujet. Si cela vous intéresse, il est dans ma chambre.

Déposition de Maria Bugera

Où ch'ai appris l'anglaije ? Mais ché né connais pas bien dou tout chette langua. Che chais même pas lé lire.

Déposition de Peter Hilton

Qu'est-ce que ma mère vient faire dans là-dedans ? Elle est morte l'hiver dernier et elle s'appelait Anna. Oui, j'ai une s½ur, mais je ne l'ai plus vue depuis des années, elle n'habite même plus en Angleterre. Les époux Bugera ? Jamais vus avant leur arrivée ici. D'ailleurs comment voulez-vous ? Ce n'est pas avec ce que je gagne comme gardien de parc que je pourrais me payer un billet à 600 £ pour le Mexique !

Monday, 13th August 1868

Les interrogatoires m'ont permis de bien avancer dans mon enquête. Peter Hilton me semble de plus en plus suspect. Lors de l'incendie, il n'avait aucune raison de se trouver dans le couloir à ce moment-là. Il a tout simplement voulu regagner sa chambre quand Mme Meunier est sortie de la sienne et la surpris dans le couloir. Pandhi m'a confirmé ce que je pensais : il n'a jamais vu les enfants d'Anna de Bakerville. Il ne s'entendait pas avec elle et ils se sont perdus de vue depuis la mort du major. Cette fois, je touche au but. Il me manque juste une preuve et mon enquête est bouclée. Demain, j'irai faire un petit tour avec Watson du côté du cabanon près du ruisseau.

Tuesday, 14th August 1868

Je me suis fais tirer dessus comme un amateur ! Nous nous approchions du cabanon lorsque ça c'est passé. J'ai juste eu le temps de voir deux silhouettes s'enfuir vers le bois et Watson les poursuivre. Mais il rentra bredouille et vint soigner ma blessure à l'épaule qui, heureusement, n'était que superficielle. Plus tard dans la journée, je suis retourné au cabanon avec Watson mais armé cette fois-ci pour plus de précaution.
Quel bric-à-brac là-dedans ! Mais j'ai trouvé ce que je cherchais.
Il y avait le déguisement de fantôme (drap et boulet), un bidon d'essence sur une étagère, des chiffons imbibés d'essence qui trainaient par terre, un couteau ensanglanté reposait sur un simple mouchoir, un fusil ayant servi (sur moi) et une preuve très accablante pour certaines personnes que je ne citerais pas maintenant.

Ce soir, je convoque tout le monde au salon, et je confonds les coupables. Certains clients de l'hôtel voudraient plier bagage dès aujourd'hui, comme c'est bizarre ! Mais la police, qui est venue constater la tentative de meurtre dont j'ai été victime, a de nouveau interdit à quiconque de quitter l'hôtel avant demain. Et à ce moment-là, les policiers se feront un plaisir d'en escorter certains en fourgon !

Epilogue - A qui profite le crime ?

« Mes chers amis, je peux maintenant vous révéler le nom des coupables. Mais reprenons depuis le début. Il y a d'abord les nuits "hantées" qui mettent les clients sur les nerfs afin qu'ils quittent l'hôtel. Lorsque j'arrive, le 3 août, les chambards durent depuis une semaine. Tous les clients présents depuis le 27 juillet sont donc des coupables potentiels. C'est-à-dire tout le monde sauf Lady Hilary, le défunt neveu, Watson et moi-même. Puis vient l'affaire des bijoux. Madame Bugera, vous n'aimez pas votre collier de perles ? »
- Mais si, bien s... euh... ché veux dire ma oui, ché l'aime beaucoupe, ch'est une cado dé mon mari.
- Pourtant vous l'oubliez dans la salle de bains, qui est plus fréquentée qu'un hall de gare ! D'accord, cela arrive à tout le monde d'être distrait à moins que... mais ne précipitons pas les choses.

« Lors du vol de bijoux, Pandhi voit s'envoler un diadème de grande valeur. Qui pouvait lui en vouloir à ce point ? Le colonel Stone me parle d'un livre écrit par le père de Pandhi. Mais le livre a disparu de la bibliothèque. Comment s'appelle ce livre, Paolo ? »
- Je suppose que vous parlez d'"Un manoir en Angleterre" ?
- C'est bien cela, je vous remercie.

« En faisant le tour des chambres, je retrouve en effet le livre dans la vôtre, Paolo. Mais vous l'utilisez dans le cadre de vos études, cela n'a rien à voir avec l'affaire qui nous préoccupe. Les jumeaux sont allés se promener dans un endroit rempli de boue rougeâtre, exactement comme celle de l'empreinte du grenier. Mais ils ne sont pas coupables. Pouvez-vous nous dire pourquoi, Maxime et Thomas ? »
- On s'amuse trop bien à l'hôtel !
- Si ça ferme, nos vacances seront finies !
- Bon raisonnement les garçons. Vous n'avez évidemment aucun intérêt à faire fermer l'hôtel.

« Je remarque également que Mme Bugera lit des magazines en anglais. Pourquoi pas plutôt en espagnol, la langue de son pays ? Et comment se fait-il, madame, que les semelles de vos bottines de marche soient propres, alors que les jumeaux disent vous avoir vue près du ruisseau, endroit particulièrement boueux ? »
- Ch'ai marché danj oune crotte dé chien, il fallait bien qué jé lave mes chauchures, ma no ?
- Mais nous sommes dans une propriété privée et aucun d'entre nous n'a de chien !
- Ma, qué...
- Et les chiens errants, vous croyez qu'ils s'arrêtent aux panneaux "défense d'entrer" ?
- Tiens, tiens, voilà notre ami Peter qui vole au secours de Madame Bugera. Admettons, Mr Hilton, admettons.
- Mais Holmes, nous nous éloignons de l'enquête me coupa Watson.
- Mais non, mais non, simple formalité pour confirmer mes soupçons.
- Continuez Mr Holmes, nous sommes toute ouïes.
- Merci colonel.

« Revenons à la nuit de l'incendie. Ce soir-là, nous étions cinq à rester au salon : Pandhi, le colonel, Peter Hilton, mon ami Watson et moi-même. Jusqu'à ce que Mme Bugera vienne nous signaler des bruits à l'extérieur. Pourtant, nous ne constatons rien d'anormal. Et lorsque nous revenons après avoir laissé Pandhi seul avec vous Peter, il est profondément endormi. Sur le moment, je ne prête pas attention à ce détail. »

« Mais lors des interrogatoires qui suivent, le jeune Thomas s'étonne que ce ne soit pas vous – et non sa mère – qui avez donné l'alerte. »
« Il était dans le couloir, devant la chambre n°6 », me dit-il. « Or, que faisiez-vous, Peter Hilton, à quatre heures du matin dans cette partie du bâtiment ? »
- Je suis insomniaque.
- Vous devriez essayer les somnifères que vous avez fait absorber à Pandhi lorsque vous êtes resté seul au salon avec lui. Ils ont l'air d'être efficaces.
- Mais vous m'accusez, ma parole !
- Oui, je vous accuse, Peter Hilton. Votre mère s'appelle Anna, comme la fille de Lady Rose. Votre s½ur vit à l'étranger. Au Mexique sans doute, puisque vous connaissez si bien les tarifs des billets des bateaux pour ce pays. Le Mexique, d'où nous arrive madame Bugera, qui lit l'anglais, qui le parle même sans accent quand elle s'énerve. Et il y avait de quoi s'énerver en voyant les jumeaux tournicoter autour de l'abri de jardin, votre QG à tous les deux, n'est-ce pas ? C'est là aussi que j'ai découvert LA preuve accablante. Dans le cabanon il y avait un sac à main étendu au sol et vidé de son contenu :
- une photo de Lady Rose et de ses enfants(Mary et Peter)
- une lettre de Peter à sa s½ur

« Madame Maria Bugera, ou devrais-je dire plutôt Mary Hilton ? Qui a si bien fait diversion la nuit de l'incendie pour laisser le champ libre à son frère. Voilà Watson, mon n°1 qui m'a donné bien du fil à retordre. Eh oui Pandhi, ce sont les enfants d'Anna. Elle est morte il y a quelques mois dans sa maison de Londres. Et ses enfants, éperdus de chagrin, ont voulu se venger de celui qui, selon eux, a volé la fortune qui devait revenir à leur mère. »

N.B. :

Ma mission a de nouveau été un succès comme d'habitude ! En toute modestie, ce ne fut qu'un simple problème. Peter et Mary sont désormais sous les verrous. Pandhi était tellement soulagé qu'il nous a offert à tous une semaine supplémentaire de vacances. Nous l'acceptâmes avec joie.

Sherlock Holmes

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Comments :

  • Utopia-imagineyourstory

    23/02/2017

    Hey,

    Juste un petit message pour t'annonce que j'ai mis une image temporaire pour ton article, en attente que tu m'envoye une de ta preference.
    Merci :)
    Bisous

    #June

  • sherlockology

    02/05/2014

    aliseevila wrote: "Encore une enquête bien menée. J'aime bien l'idée de relater comme un journal intime."

    Idée vite abandonnée comme tu peux le constater par la suite. C'était un frein pour l'inspiration.

  • aliseevila

    27/04/2014

    Encore une enquête bien menée. J'aime bien l'idée de relater comme un journal intime.

  • sherlockology

    10/11/2013

    get-sherlock wrote: "La musique correspond bien je trouve :)"

    Je fais de mon mieux :)

  • get-sherlock

    10/11/2013

    La musique correspond bien je trouve :)

  • get-sherlock

    09/11/2013

    D'accord :)

  • sherlockology

    09/11/2013

    get-sherlock wrote: "Oh oui pardon, je parlais de la signature "Sherlock Holmes" que tu mets à la fin. Pourquoi tu ne l'as pas mis pour "Le secret des alchimistes bleus", puisque, si je te suis bien, c'est aussi un récit conté par Holmes ? :)"

    Ben oui c'est juste mais à vrai dire je n'y avais pas pensé dans la 1ere OS

  • get-sherlock

    09/11/2013

    Oh oui pardon, je parlais de la signature "Sherlock Holmes" que tu mets à la fin. Pourquoi tu ne l'as pas mis pour "Le secret des alchimistes bleus", puisque, si je te suis bien, c'est aussi un récit conté par Holmes ? :)

  • sherlockology

    09/11/2013

    get-sherlock wrote: "Tu mets un cran au dessus pour cet OS. Je dirais la même chose que pour "Le secret des alchimistes bleus" : je trouve l'idée plutôt bonne de découvrir l'enquête à travers les notes quotidiennes de notre grand détective !
    C'est vraiment intéressant d'avoir pris le point de vue de Sherlock Holmes, d'avoir fait en sorte de rapporter -en quelque sorte?- ses écrits, ses notes sur le déroulement de l'affaire, on se sent encore plus proche de l'enquête. Le lecteur est plongé directement dans la peau du personnage principal, contrairement à de nombreuses enquêtes contées par le docteur et fidèle ami, qui a un oeil plus "extérieur" sur l'analyse des preuves, et c'est une petite différence que j'apprécie personnellement.
    L'histoire me paraît claire, on te suit du premier au dernier mot. Et pour finir, je tiens quand même à dire que j'ai adoré le personnage de Maria Burgera et son accent, un petit plus au texte pour ma part !
    Je me questionne au sujet de la signature... Pourquoi n'avoir pas mis cette même signature pour "Le secret des alchimistes bleus" ?
    "

    Euh, concernant la signature tu pourrais être plus précise ? Car je ne comprend pas vraiment ce que tu veux dire :)

  • get-sherlock

    08/11/2013

    Tu mets un cran au dessus pour cet OS. Je dirais la même chose que pour "Le secret des alchimistes bleus" : je trouve l'idée plutôt bonne de découvrir l'enquête à travers les notes quotidiennes de notre grand détective !
    C'est vraiment intéressant d'avoir pris le point de vue de Sherlock Holmes, d'avoir fait en sorte de rapporter -en quelque sorte?- ses écrits, ses notes sur le déroulement de l'affaire, on se sent encore plus proche de l'enquête. Le lecteur est plongé directement dans la peau du personnage principal, contrairement à de nombreuses enquêtes contées par le docteur et fidèle ami, qui a un oeil plus "extérieur" sur l'analyse des preuves, et c'est une petite différence que j'apprécie personnellement.
    L'histoire me paraît claire, on te suit du premier au dernier mot. Et pour finir, je tiens quand même à dire que j'ai adoré le personnage de Maria Burgera et son accent, un petit plus au texte pour ma part !
    Je me questionne au sujet de la signature... Pourquoi n'avoir pas mis cette même signature pour "Le secret des alchimistes bleus" ?

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