Le secret des alchimistes bleus

Le secret des alchimistes bleus

Le secret des alchimistes bleus

 
Monday, 16th March 1867

Je jouais de mon violon avec Watson debout en face de moi et qui regardait crépiter le feu dans l'âtre de la cheminée lorsqu'un bruit près de la porte survint. Je bondis vers celle-ci et l'ouvris mais personne ... par terre un papier que je ramassai. Dessus, des lettres en caractère d'imprimerie se détachaient mais pas d'indices révélant l'identité de ce mystérieux porteur. Il était écrit :

Si vous voulez avoir des informations sur le secret de Rosatesta, rendez-vous à minuit dans les docks en face du hangar n°3.

Et bien Watson, qu'en pensez-vous ? Faut-il s'y rendre ? Mon ami me répondit positivement en hochant la tête. Parfait, avec ce temps, je doutais de recevoir des clients et l'énigme de la pierre philosophale me turlupinait l'esprit depuis un bon moment. Voilà une bonne occasion pour la résoudre.

Nous nous mîmes en route pour le port vers 23 heures afin de repérer les lieux avant l'arrivée de l'informateur. Ce fameux hangar avait contenu des vivres mais aujourd'hui il était vide.
Minuit sonne ... une ombre apparaît en face de nous. Elle tenait un paquet sous le bras. Ce personnage était un homme à large carrure, portant un masque et habillé de vêtements bleu foncé. Il ressemblait à un alchimiste du 17ème siècle. Sans un mot, il nous tendit le paquet et disparut...
De retour à Baker Street, nous ouvrîmes le colis. Il contenait un livre sur les alchimistes bleus, une énigme inachevée et une lettre. Que de mystère !

L'énigme avait été écrite en ayant mis les mots dans un certain ordre. Elle donnait ceci :

Une foi
Hate mur mis
Emin alch
Un messag ra donné au
Reto solst té
En ce li coule le tem


"Mais ça n'a pas de sens" me répondit mon ami. J'étais absorbé dans mes pensées lorsque Watson lu la lettre à voix haute :
"Cher ami, vous avez dans le passé, résolu une de vos plus belles enquêtes en m'y aidant. Voici ma manière de vous récompenser. J'ai appris que les expériences scientifiques vous passionnaient et je me suis mis dans l'idée de vous apporter une piste sur le plus ancien fondateur de la société des alchimistes bleus dont je fais partie. Cette énigme, notre secte y travaille depuis des années afin de percer ce secret mais rien n'y fait. Alors, en espérant que vous y trouviez la solution, je vous salue vous et votre ami le Dr Watson."
"Qu'en pensez-vous Holmes ?" me demanda-t-il. "Voilà une occasion pour mettre mes neurones en activité" lui répondis-je. "Mais il est tard. Une excellente nuit serait le mieux pour attaquer ce problème demain..."

Tuesday, 17th March 1867

Je me levai de très bonne heure en sachant que Watson dormait toujours. Mme Hudson m'avait préparé deux œufs sur le plat que j'avalai de très bon appétit. Je me dirigeais vers le salon afin de prendre connaissance du livre sur la vie de Rosatesta. Une page retint mon attention : Rosatesta, alchimiste du XVIIe siècle, était sur le point de découvrir la pierre philosophale. Il fonda une société dite des alchimistes bleus justement pour continuer ses recherches. Puis les temps se firent durs pour les sociétés secrètes, et les alchimistes bleus, persécutés en Europe, s'enfuirent en Amérique. Leurs descendants continuent de se réunir dans l'unique but de trouver la mythique pierre philosophale.

Mon aide-mémoire m'appris qu'ils croyaient à l'existence d'un élément inconnu commun à tous, duquel dérivaient les quatre éléments découverts par les Anciens. Cet élément, l'alkahest, serait la pierre philosophale, la médecine universelle, le solvant irrésistible qui transmutait les métaux inférieurs en or. Cette pierre est décrite comme un composé très dense, de couleur rouge rubis, liquide à l'état de grande pureté, et luminescent. Mais ces caractéristiques restent douteuses.

Mon ami me rejoignit et je le mis au courant de mes dernières trouvailles. Il disait que la clé se trouvait dans l'énigme. Alors pendant tout l'avant-midi et durant toute l'après-midi, nous travaillâmes sur ce bout de parchemin. Les mots entiers apparaissaient enfin et, à la nuit tombée, je pus enfin lire le texte constitué. Il disait :

Une fois tous les trois cents ans
Hâtez-vous vers ces murs amis
Éminents alchimistes bleus
Un message sera donné au
Retour du solstice d'été
En ce lieu où s'écoule le temps


Mais quel est ce lieu mentionné ? Je repris mon livre et lu que Rosatesta avait trouvé refuge au château du lettré écossais Ekol. La voilà, la solution ! Le château d'Ekol ! Le message parlait de "murs amis" : il ne peut s'agir que de ce château. Tous les trois cents ans, au solstice d'été... c'est pour demain ! Je pris mon pardessus et lança à Watson : "En route pour l'Ecosse !"

Wednesday, 18th March 1867

Nous avions pris le premier fiacre qui passait devant Bakerstreet et étions en route pour le château de l'écossais Ekol. Le trajet semblait interminable dans la nuit. J'avais demandé au cocher la durée du trajet et il m'avait répondu : "Trois heures de route Mr Holmes." Comme les cahots du chemin m'empêchaient de dormir, je pris l'énigme en déduisant l'endroit précis où il faudra chercher. Sans succès. L'aube pointait le bout de son nez lorsque nous arrivâmes en vue du château. Il était situé au bord d'un précipice donnant sur la mer et était en parfait état de conservation malgré ses nombreuses fissures. Le fiacre nous déposa et repartit.
 
La porte n'offrit aucune résistance et nous entrâmes dans le château. Les couloirs étaient lugubres et Watson ne put s'empêcher d'avoir un frisson. Des torches ayant servi se trouvaient de part et d'autre du couloir principal. Je décidai d'en allumer deux, une pour mon ami et l'autre pour moi. Nous avançâmes tout en découvrant les portraits des fondateurs de la secte qui ornaient les murs. Ils semblaient nous suivre du regard. Arrivés à un escalier, nous montâmes à l'étage supérieur et débouchâmes dans le salon. Il était très vaste. Au centre se trouvait une énorme pendule qui continuait de se balancer malgré l'état d'abandon très avancé du château. Étrange, tout cela...
 
Une énorme pendule, c'est ce qu'on cherchait ! Watson, souvenez-vous de la phrase reconstruite : "En ce lieu où s'écoule le temps". Les alchimistes ont probablement voulu parler de la pièce à l'horloge ! "Déduction exacte Mr Holmes, vous êtes vraiment très fort" prononça une voix derrière nous. Nous nous retournâmes et les descendants des alchimistes bleus se trouvaient au complet en face de nous. "Où est le message de Rosatesta ?" nous demanda celui qui semblait être le chef. Je lui répondis que nous ne l'avions pas encore trouvé. La situation semblait s'aggraver. Il reprit : "Nous vous avons suivi jusqu'ici en espérant trouver la solution, alors dites-nous ce que vous savez !"
 
Au moment où nous allions répondre, un rire strident s'éleva dans toute la salle. Au dessus de l'horloge se trouvait un balcon où un fantôme noir était apparu. "Je suis le spectre de Rosatesta" dit-il. Les alchimistes répliquèrent : "Le messager. Maître, nous vous attendions." Il reprit de plus belle : "Ha, ah ! Jamais je ne m'étais autant amusé ! Depuis 300 ans, des tas de gens se sont creusés la cervelle à la poursuite d'une chimère : la pierre philosophale ! Je ne l'ai jamais trouvée car elle n'a jamais existé !" Les alchimistes se concertèrent entre eux : "Alors, nous nous sommes réunis pour rien, comme nos aïeux ?" Le fantôme leur répondit : "Ne le prenez pas au tragique ! Au fond, grâce à moi, vous avez vécu avec un rêve fantastique ! Je dois vous quitter, adieu !"

Les alchimistes étaient très déçus par ce que j'appellerais une mise en scène grotesque pour décourager les curieux. Mais ils y croyaient à cette supercherie. Parmi eux, je reconnu notre porteur de message qui venait vers mon ami et moi afin de nous féliciter et de l'excuser pour l'excès d'humeur de son comparse. Ils repartirent aussi mystérieusement qu'ils étaient venus. De nouveau seuls, je cherchais à trouver l'identité du faux sceptre. Watson me demanda pourquoi nous restions dans le château. Je lui expliquai que j'avais trouvé l'heure du rendez-vous en ayant noté que les premières lettres de chaque vers de l'énigme donnaient les mots : "Une heure".
 
A ce moment, la pendule sonna une heure mais rien ne se passa. Une idée me vint à l'esprit. Lors d'une de mes précédentes enquêtes, le secret était caché dans l'ombre projetée par un objet. "Ce pourrait être une idée Holmes" me répondit Watson. Mais quel objet Rosatesta aurait-il voulu indiquer ? "Le balancier ?" me suggéra mon ami. "Excellent Watson, vous avez évolué dans vos suppositions. Cependant je vous corrige. Ce sera plus précisément le point que l'ombre du balancier va toucher." Le docteur était étonné par cette déduction et me questionna : "Comment savez-vous cela Holmes ?" "Élémentaire mon cher Watson, le balancier indique une pierre d'une autre couleur." Il y avait effectivement un trou qui contenait un message... blanc ! Normal puisqu'un alchimiste n'écrit pas avec n'importe quelle encre. L'encre sympathique, elle, n'est rendue visible qu'à une source de chaleur. Nous nous empressâmes de découvrir enfin le secret tant recherché en l'approchant d'une bougie. Les mots commençaient à apparaître...

Que le lecteur me pardonne si je ne lui révèle pas le secret mais il était de mon devoir de le donner aux principaux intéressés : les alchimistes bleus. Ce que je fis le plus rapidement que possible. Un dernier mot toujours pour le lecteur : cette histoire ne figure pas dans les enquêtes retranscrites par mon ami le docteur Watson car ce fut une inédite, sans importance et qui, par ma bonne volonté, ne donna pas de réponse au mystère de la pierre philosophale. Si vous voulez absolument savoir, demandez aux alchimistes bleus. Ils sauront vous répondre... si vous en trouvez un !
 
Sherlock Holmes 

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Comments :

  • sherlockology

    23/05/2014

    S.H. wrote: "Curieux mais néanmoins d'un intérêt que désaprouve la logique. Si l'on se borne au conte, je ne puis juger que de la qualité narrative mais déplore le manque de riguer et d'apologie de la déduction à laquelle s'attache Conan Doyle. D'autre part, je ne vois aucune mention de mon essai sur la graphologie appliquée aux glyphes, élément qui aurait pu être essensiel dans une enquête de la sorte. Je note également une négligence sur la date des évènement que vous semblez situer en 1867. Ayant rencontré Jhon H. Watson en 1881, son apparition dans cette enquête me semble injustifiée. Je suis né en 1854, cette affaire aurait donc eu lieu lors de mes 17ans, age où je venais tout juste d'établir un système et m'appliquait à mes études. Réellement, je ne peux nier un certain talent à agencer des évènements possiblement surnaturel. Cependant, si on se donne la peine de contempler les faits et rien que les faits, il est évident que la théorie est erronée. Il n'est pas aisé d'assembler des briques sans mortier - de la même façon cette affaire manque de consistance. Je rappelle à votre intention l'importance des détails. Précisez l'absurde conjonction pour en tirer des conclusions logiques. Ce qui révèle le passé doit renvoyer au propre agencement de votre démarche.
    Je vous souhaite une agréable continuation.
    S. H.

    "

    Si j'ai affaire au vrai Sherlock Holmes, je comprend mieux pourquoi c'est Watson qui s'est occupé de mettre par écrit ses affaires. En effet, votre orthographe ferait pâlir un mort Holmes ! Ou peut-être bien que vous n'êtes pas habitué à la technologie d'un clavier d'ordinateur ! Je mettrais ma main à couper que vous préféreriez une bonne vieille machine à écrire !

    Bref, je trouve l'idée osée mais excellente. J'en ai déjà vu des commentaires mais celui-là ressort du lot. Il fallait oser, je vous tire mon chapeau ! Vrai, ils se sont rencontrés en 1881 mais à la base, Watson allait simplement boire un verre au Criterion Bar. Quelqu'un lui a touché l'épaule et il a reconnu l'ex-infirmier Stamford, qu'il a eu sous ses ordres à l'hôpital St-Bartholomew. Il fallait me le spécifier ce petit détail ! Tsss, tsss.

    J'ai aussi l'impression que vous utilisez des mots de la langue française expressément compliqués et intellects pour raisonner comme un grand cerveau mais que vous ne parvenez pas à les utiliser à bon escient. Je me trompe peut-être et je m'en excuse si c'est le cas. Ce serait vraiment dommage de me fâcher avec l'esprit du grand détective !

    Plus sérieusement, il me tarde de vous rencontrer réellement et de découvrir qui se cache sous ce modeste pseudonyme. Un blog ou un prénom et je serais déjà comblé. Sinon, dans le cas où ne nous rencontrions pas, bonne route à vous cher ami et mes plus sincères salutations au docteur Watson !

    Sherlockology

  • S.H.

    23/05/2014

    Curieux mais néanmoins d'un intérêt que désaprouve la logique. Si l'on se borne au conte, je ne puis juger que de la qualité narrative mais déplore le manque de riguer et d'apologie de la déduction à laquelle s'attache Conan Doyle. D'autre part, je ne vois aucune mention de mon essai sur la graphologie appliquée aux glyphes, élément qui aurait pu être essensiel dans une enquête de la sorte. Je note également une négligence sur la date des évènement que vous semblez situer en 1867. Ayant rencontré Jhon H. Watson en 1881, son apparition dans cette enquête me semble injustifiée. Je suis né en 1854, cette affaire aurait donc eu lieu lors de mes 17ans, age où je venais tout juste d'établir un système et m'appliquait à mes études. Réellement, je ne peux nier un certain talent à agencer des évènements possiblement surnaturel. Cependant, si on se donne la peine de contempler les faits et rien que les faits, il est évident que la théorie est erronée. Il n'est pas aisé d'assembler des briques sans mortier - de la même façon cette affaire manque de consistance. Je rappelle à votre intention l'importance des détails. Précisez l'absurde conjonction pour en tirer des conclusions logiques. Ce qui révèle le passé doit renvoyer au propre agencement de votre démarche.
    Je vous souhaite une agréable continuation.
    S. H.

  • sherlockology

    02/05/2014

    aliseevila wrote: "J'ai aimé cette nouvelle. Elle est bien relaté.
    Par contre la seule chose qui m'a gêné c'est les dialogues. Il faudrait revoir la mise ne forme.
    "

    Etant un de mes premiers écrits, j'ai fait le choix de ne rien y changer. Mais merci pour ton précieux avis !

  • aliseevila

    27/04/2014

    J'ai aimé cette nouvelle. Elle est bien relaté.
    Par contre la seule chose qui m'a gêné c'est les dialogues. Il faudrait revoir la mise ne forme.

  • get-sherlock

    10/11/2013

    Élémentaire ! ;)

  • sherlockology

    10/11/2013

    get-sherlock wrote: "Que de mystère via cette musique ! Je la trouve très bien pour cet OS :)"

    Magnifique n'est-ce pas avec le cliquetis de l'horloge qui s'arrête à la fin, au moment où la vérité se fait ;)

  • get-sherlock

    10/11/2013

    Que de mystère via cette musique ! Je la trouve très bien pour cet OS :)

  • get-sherlock

    09/11/2013

    Ah d'accord :)
    Mais c'est tout naturel mon cher~ ;)

  • sherlockology

    09/11/2013

    get-sherlock wrote: "Alors, alors... Ca fait un bout de temps que je souhaite te donner mes avis, même s'ils restent très modestes comparé à d'autres critiques plus poussées. Je me lance quand même après avoir eut le temps cette semaine de relire tes premiers OS :)

    Ce premier OS est court, mais c'est une bonne mise en bouche qui nous donne envie de lire la suite des aventures. Il serait peut-être maladroit de dire que tes écrits sont dans le même style que ceux de Sir Arthur Conan Doyle, pourtant il y a un rapprochement à faire, à mes yeux. Même si nous voyons l'affaire du point de vue de Sherlock Holmes, le déroulement de l'histoire est précis, grâce aux dates ; la narration est claire, notre regard ne peut se détacher de tes lignes, c'est vraiment agréable de lire une fiction comme celle-ci.
    La fin est excellente, en plus d'être pertinente et surprenante, elle m'a beaucoup fait rire ! J'aurais peut-être séparé le dernier paragraphe du reste, mais il s'agit que de mon avis. En tout cas, très bonne idée de fin, au départ elle m'a un peu déroutée, je te l'avoue. Mais effectivement, en y songeant, c'est tout à fait dans l'esprit du personnage d'écrire et de clore ainsi ce genre d'enquête ! ;)
    "

    Voilà j'ai espacé et aéré l'OS (ce que j'aurais du faire depuis le début ! Merci !

  • get-sherlock

    08/11/2013

    Alors, alors... Ca fait un bout de temps que je souhaite te donner mes avis, même s'ils restent très modestes comparé à d'autres critiques plus poussées. Je me lance quand même après avoir eut le temps cette semaine de relire tes premiers OS :)

    Ce premier OS est court, mais c'est une bonne mise en bouche qui nous donne envie de lire la suite des aventures. Il serait peut-être maladroit de dire que tes écrits sont dans le même style que ceux de Sir Arthur Conan Doyle, pourtant il y a un rapprochement à faire, à mes yeux. Même si nous voyons l'affaire du point de vue de Sherlock Holmes, le déroulement de l'histoire est précis, grâce aux dates ; la narration est claire, notre regard ne peut se détacher de tes lignes, c'est vraiment agréable de lire une fiction comme celle-ci.
    La fin est excellente, en plus d'être pertinente et surprenante, elle m'a beaucoup fait rire ! J'aurais peut-être séparé le dernier paragraphe du reste, mais il s'agit que de mon avis. En tout cas, très bonne idée de fin, au départ elle m'a un peu déroutée, je te l'avoue. Mais effectivement, en y songeant, c'est tout à fait dans l'esprit du personnage d'écrire et de clore ainsi ce genre d'enquête ! ;)

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